Des questions que nous nous sommes posé : Pourquoi une Responsabilité très grande pour les Fondations patrimoniales? (Et aussi pour les fondations d’entreprise) - Forum China‑Europa

Des questions que nous nous sommes posé : Pourquoi une Responsabilité très grande pour les Fondations patrimoniales? (Et aussi pour les fondations d’entreprise)

Contribution à l’atelier fondations du Forum Chine Europe Beijing – Hong Kong 2010 – ( rédigé en 2008, ce texte n’engage que son auteur )

Auteurs : Françoise Astier

L’argent

Une fondation, c’est du « vol » . ‘fondation au sens français actuel, légal’, celles qui vivent d’un patrimoine légué, pas celles qui année après année collectent des fonds)

Car d’où provient l’argent ? d’entreprises qui se sont enrichies, de banques, de familles …

N’auraient-ils pu payer davantage leurs employés, baisser les prix pour les consommateurs ?

(On peut être bon dans ces conditions !)

Cela fait penser à l’histoire pour enfants « Les 3 Brigands » ( les trois brigands amassent le produit de leur butin dans des coffres au profond d’une caverne jusqu’au jour où une petite fille leur demande « mais qu’est-ce que vous faites de ça ? » …. Ils se frottent le menton, se regardent et ne savent quoi répondre… ils ne s’étaient jamais posé la question… diable ! ils achèteront un château pour y recueillir des enfants abandonnés)

Moralité : merci à postériori à tous ceux qui ont été dévalisés !

Dit de façon plus douce, une fondation, c’est un impôt payé par chacun d’entre nous sans le savoir et qui va là où d’autres que nous ont envie qu’il aille …

Cela est vrai tout autant pour les fondations d’entreprises .

Un exemple : le montant global des aides apportées à l’économie solidaire par la Fondation Macif ( la Macif est une compagnie d’assurance) depuis 1993 atteint 17M€ ; en 2007, le budget annuel dédié à ces financements était de 2,3 M€ et dès 2009, grâce au développement du groupe Macif, il passera à 3,4M€.

A répartir sur combien d’adhérents et quel montant global de cotisations ?

Et …merci aux adhérents de contribuer sans qu’ils le sachent à ‘faire le bien’

une fondation a de ce fait des devoirs et des responsabilités qui doivent être très nettement énoncés. On ne peut se contenter de termes vagues tels que ‘faire le bien’ ou ‘œuvrer pour le bien commun’.

Il faut définir ce qu’est le Bien Commun en ce début de XXI siècle .

Et si possible rédiger un « Charte des Fondations au XXI° siècle »

2 -Le don qui ne peut être rendu, c’est le déséquilibre des relations ; il crée des rapports malsains et un sentiment non dit de frustration, la perte de ce qui est le plus précieux en chacun de nous, le sentiment de dignité. malheureusement les « nécessiteux » / ceux que l’on traite en nécessiteux s’habituent à cette dépendance.

Dans son livre La soupe aux herbes sauvages Emilie Carle relate comment son père prêtant de l’argent à voisin très pauvre lui fait signer une reconnaissance de dette, bien inutile, chacun le sait, puisqu’il ne pourra jamais rembourser, mais pour ne pas altérer le sentiment de dignité présent en chacun de nous .

Ceux qui ont connu l’immédiat après guerre comprendront l’anecdote suivante : au moment où l’Otan avait une base à Châteauroux dans le centre de la France, un très grand nombre d’Américains travaillant sur cette base louaient des habitations jusqu’à cinquante kilomètres à la ronde . Mon frère et moi, enfants passions les vacances dans un village à la bonne garde de notre tante . Au bas de notre petit chemin résidait un couple d’Américains ; le soir rentrant du travail ils ouvraient leur vitre et sans jamais s’arrêter, nous lançaient des chewing gums vitaminés ! Notre tante se précipitait , ramassait les chewing gums avec colère nous disant « on n’est pas des chiens, je vous interdis de les manger, nous n’avons besoin de rien ! »… Nous ne comprenions pas très bien mon frère et moi pourquoi refuser ce qui – même très maladroitement - nous était donné, à nous ‘pauvres petits français dans le besoin’… C’est pour moi maintenant un point de référence : « ne pas être les Américains de Chabenet ! » Ce n’est pas toujours facile ; cela exige beaucoup d’empathie ! sans cesse la question « et si j’étais à leur place ? » c’est très difficile, voire impossible compte tenu des différentes cultures , encore vaut-il la peine d’essayer.

N’y a-t-il pas un devoir impérieux de la part de ceux qui donnent de se poser une question toute bête : Pourquoi ces situations ?

On s’apitoie sur le travail des enfants dans les pays du tiers monde : qui veut bien faire l’effort de comprendre que si on payait à un « juste prix » ( ie, celui qui va dans leur pays leur permettre de vivre de façon digne )

Groupe de réflexion sur les interventions dans catastrophes : question naïve « menez-vous parallèlement une réflexion sur comment éviter les catastrophes dûes aux activités humaines , déforestation notamment ? » réponse hallucinante d’un participant, dont personne dans le groupe ne s’est offusqué … et que je prie le lecteur de croire exacte car on ne saurait l’inventer , mais logique dirons-nous « … c’est quand il y a des catastrophes que les gens donnent et que l’on remplit nos caisses » … pour intervenir au moment de catastrophes ? !

(pas loin de on auto alimente…)

Les familles sont trop pauvres pour envoyer leurs enfants à l’école : de braves occidentaux parraineront des enfants ; pourquoi d’ailleurs celui-ci plutôt que celui là ?

3- les souhaits des gens ‘aidés’/ les missions des fondations/ sont-ils compatibles ? ?

malheureusement, pas toujours. Qu’est-ce qui prévaut ?

Traductions de la page :