Le code de bonne conduite dans les entreprises multinationales et les normes de travail dans les entreprises à capitaux étrangers en Chine - 中欧社会论坛 - China Europa Forum

Le code de bonne conduite dans les entreprises multinationales et les normes de travail dans les entreprises à capitaux étrangers en Chine

Une étude de cas sous trois angles : international, national et local

Yu Xiaomin

2007

Sociological Studies, No. 5

Résumé: En examinant l’application des «normes de production respectueuses des droits de l’homme» dans une multinationale américaine de chaussures de sport installée dans la province de Fujian, cet article s’interroge sur l’impact du code de bonne conduite de l’entreprise sur les normes et les relations de travail dans les entreprises étrangères en Chine. L’auteur se penche notamment sur l’influence du code de bonne conduite sur les heures de travail, les salaires, la liberté d’association et les conventions collectives; les points les plus controversés dans les normes de travail. Cet article tente de combler les lacunes des études existantes sur cette question en utilisant un cadre tridimensionnel; international, national et local, afin d’effectuer une analyse approfondie de la complexité de l’impact que peut avoir le code de bonne conduite. L’auteur a réalisé que le code pouvait éviter un bon nombre de problèmes graves tels que le travail des enfants, les accidents et maladies de travail, les heures supplémentaires forcées et abusives et les châtiments corporels. Cependant, le code s’avère moins efficace lorsqu’il s’agit de questions qui touchent à la maximisation des profits, comme les salaires, la liberté d’association et les conventions collectives. L’auteur a conclu que le rôle du code dans l’amélioration des normes de travail était limité par de nombreux facteurs aux niveaux international, national et local. Sur le plan international, le but ultime est de maximiser les profits. La responsabilité sociale des entreprises (RSE) et les codes de bonne conduite deviennent des outils aux mains des multinationales pour rendre leurs profits en capitaux acceptables du point de vue légal. Les multinationales ne veulent surtout pas se risquer à modifier leur modèle commercial axé sur le profit pour endosser les frais induits par l’application du code si celui-ci influence leurs profits. Par conséquent, les multinationales profitent de leur suprématie dans la chaîne d’approvisionnement mondial et font supporter les coûts par les fournisseurs qui à leur tour font payer les travailleurs en utilisant leur position dominante sur le marché du travail et leur pouvoir de prise de décision dans le processus de production. Sur le plan national, les violations des droits des travailleurs et les intérêts des multinationales sont intimement liés au système de travail existant pendant la transition de la Chine vers une économie de marché. Les lois du travail sont inefficaces au niveau local. Les syndicats doivent renforcer leur rôle en tant que représentants et défenseurs des travailleurs, surtout les travailleurs immigrés qui ne bénéficient pas encore du système de sécurité sociale. L’instauration du salaire minimum ne garantit pas que les travailleurs puissent subvenir à leurs besoins élémentaires. Les problèmes liés au système de travail pendant la période de transition n’offrent pas un environnement favorable pour appliquer le code de bonne conduite. Sur le plan local, l’application de la responsabilité sociale des entreprises et des codes de bonne conduite souligne l’existence d’un conflit entre efficacité et équité dans le système de production des capitaux. Amené à faire un choix entre maximiser ses profits et appliquer au code de bonne conduite, tout patron opterait pour la recherche de profits. Même si ces deux facteurs ont été réconciliés jusqu’à un certain point à travers des réformes intervenues dans le processus de production, un contrôle plus strict du travail et des coûts de production en baisse, le modèle de gestion inspiré du Taylorisme et les contrôles draconiens du travail n’ont pas été éradiqués, ils ont plutôt augmenté. Cette situation entrave l’efficacité du code de bonne conduite et empêche les travailleurs de faire valoir leur droit à la libre association et aux conventions collectives.

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